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Goju-Ryu

Le Goju-Ryu est un des styles de Karaté d’origine okinawaienne, il fut fondé dans les années 1920 par le Maître Chojun Miyagi (1888-1953).

Né d’origine noble le 25 avril 1888 à Naha, capitale d’Okinawa, il débute à l’âge de 9 ans, comme élève de Maître Higaonna, leader incontesté du style Naha-te. 

 

Quelques années plus tard, ce sera également pour lui, tradition oblige, le retour à la source chinoise : ainsi que l’avait fait son propre maître autrefois.

 

Miyagi (son véritable nom okinawien est Miyagusuku, Miyagi étant le dérivé nippon) se rend une première fois sur le continent pour y étudier diverses formes de Kempo mais aussi, chose déterminante pour la suite, y découvrir le Bouddhisme-Zen.

 

C’est sous la tutelle du Chinois Wo Lou-Kin (connu à Okinawa sous le nom de : Ryu Ryoko qu’il se perfectionne. Ce déplacement dans la province de Fou-Kien eut probablement lieu entre 1904 et 1908.

 

En mai 1915, Miyagi se rend à nouveau en Chine accompagné de Kenki Go (alias Yoshikawa : 1886 – 1940). Pendant deux ans, jusqu’en juillet 1917, les deux hommes vont pratiquer avec les successeurs de Wo Lou-Kin. D’origine chinoise, Kenki Go est un expert du style chinois Pai-Ho-K’iuan (Boxe du Héron Blanc, en japonais : Hakutsuru-Ken) et il est dit que son influence sur l’élaboration du Goju-Ryu ne fut pas négligeable.

 

De retour à Okinawa, Chojun Miyagi travaille aux bases de ce qui deviendra son propre style, codifiant notamment le kata Sanchin et plus tard, le kata Tensho, issu de Sanchin et de la forme Rokkishu que lui avait transmis Kenki Go, et combinant ses techniques avec les principes respiratoires, qu’il découvrit en Chine, lors, en particulier, de la pratique de la méditation bouddhique.

 

Miyagi devint peu à peu un homme très robuste. Il n’était pas grand mais trapu et d’une solide constitution. Ses anciens disciples se souviennent en particulier de son regard pénétrant, de son calme à toute épreuve et de son sourire qui cachait une grande modestie. On a dit de lui qu’il avait le corps d’un taureau et l’esprit d’un saint. Et aussi qu’il vécut pour son art, et qu’il n’a jamais blessé personne. On rapporte également certaines de ses prouesses physiques mais on ne trouve nulle trace de combat ou de défi relevé par Miyagi.

 

Son humilité était telle que, déjà considéré comme grand maître de Karaté des Ryu-kyu, style Naha-te, il n’hésita pas à rendre visite au vieux maître Itosu pour le prier de lui enseigner le style Shuri-te. Itosu ne le voulut pas, s’étonnant d’ailleurs qu’à son niveau il éprouve encore le besoin de s’adresser à lui, mais lui expliqua cependant les théories de son propre style, ce dont Miyagi fera plus tard état dans son enseignement (ainsi dans les katas gekisai ichi et ni, où il combine des formes Shuri-te et des formes Naha-te).

 

 

En 1924, au faîte de sa notoriété dans l’île, Miyagi se trouve dans le public qui assiste à la première démonstration de judo faite par Maître Jigoro Kano et l’un de ses plus proches disciples, Nagaoka.

 

Les Okinawaiens, frappés par la capacité d’endurance des deux Japonais, demandèrent à Miyagi s’il était capable de réaliser la même performance physique. Ce que ce dernier finit par accepter de démontrer ; les journalistes présents à la scène en firent une relation enthousiaste : la démonstration impromptue de Miyagi fut un véritable festival de techniques de saisies, de luxations, de projections, de sauts, de casse, etc. Il aurait, notamment, écorcé un arbre de ses mains nues et défoncé la tôle d’un jerrican d’un seul coup de son gros orteil… Miyagi conclut en affirmant que n’importe qui arriverait aux même résultats en étudiant sérieusement la technique du Karaté.

 

 

En 1926 il fonde l’association « Okinawa Karaté Jutsu Kenkyu kai » qu’il dirige avec les maîtres Chomo Hanshito, Kenwa Mabuni qui fut le fondateur de l’école Shito-Ryu en 1929 et de Choyu Motobu.

 

Mais le nom de Goju-Ryu, sous lequel sera popularisé son style, n’apparaît que plus tard, et d’une manière quasi fortuite.

 

Ce fut en 1928. Cette année-là fut organisé à Kyoto un grand rassemblement budo dans le cadre de la « Dai Nippon Butokukai », grande association regroupant les arts martiaux du Japon.

Miyagi, ne pouvant se rendre lui-même à cette manifestation, désigna l’un de ses meilleurs élèves, du nom de Shinsato et que se serait ce dernier qui eut l’idée de rebaptiser le style de son maître : en effet, très ennuyé lorsque les Japonais lui demandèrent le nom de son école, Shinsato, lui donna spontanément le nom de Hanko-ryu (l’école « mi-dure ») ce qui fut par la suite approuvé par Miyagi, qui changea cependant définitivement le nom en Goju-Ryu en 1929 (école de Karaté alliant la force, « go », à la souplesse « ju »), en se basant sur un vers extrait du célèbre ouvrage chinois "le Bubishi" : « Tout dans l’univers respire dur et doux ». Selon d’autres sources, c’est Miyagi en personne qui se serait déplacé à Kyoto lors de cette fameuse démonstration.

 

Le nom de Goju-Ryu sera officiellement enregistré en 1933 au Butoku-Kai grâce au premier disciple japonais de Miyagi : Gogen Yamaguchi.

 

Il est toutefois certain que Miyagi vint au Japon en 1928 et qu’il enseigna son art à l’Université Impériale de Kyoto ; puis, en 1932, on le trouve instructeur de Karaté à l’université Kansai d’Osaka. En 1934, il part enseigner à Hawaï, après les experts Zuiho Mutsu et Hamesuke Higaonna, mais retourne définitivement à Okinawa dès 1935. C’est là qu’il établit officiellement son Association de Karaté Goju-Ryu en 1952, un an seulement avant sa mort. Maître Chojun Miyagi disparaît le 8 octobre 1953, à Ishikawa, âgé de 65 ans. Le style Goju-Ryu éclata presque aussitôt en deux grandes branches quasi rivales : l’okinawaienne et la japonaise...